Publié le 16.07.2026

LE MONDE BRÛLE. VITE.

Fontainebleau brûle.

Grimper à Bleau n’est plus possible en ce moment.
L’accès à la forêt est interdit et il faudra lui laisser beaucoup de temps pour se remettre.

La fumée passe entre les pins, avale les sentiers, brouille les perspectives. Le feu court sur les herbes sèches, grimpe le long des troncs, s’engouffre dans les sous-bois. Il transforme en quelques minutes ce que le vivant a mis des décennies à construire. Il avance sans connaître nos cartes, nos parcelles, nos habitudes. Il ne distingue pas les zones protégées des terrains de jeu.

Cette forêt, nous la connaissons.

Nous en connaissons les chemins, les blocs, les noms, les passages secrets. Nous avons posé nos mains sur son grès, brossé ses prises, marché sur son sable, dormi sous ses arbres. Nous y avons cherché le calme, l’effort, la beauté, parfois une forme de liberté. Nous avons beaucoup pris à Fontainebleau : des images, des souvenirs, des performances, des récits, une culture entière.

Nous avons profité de la forêt.

Il va falloir, désormais, lui rendre.

Lui rendre ne signifie pas seulement ramasser nos déchets ou respecter les interdictions lorsqu’elles s’affichent à l’entrée des massifs. Cela signifie changer profondément la place que nous nous accordons. Cesser de considérer la forêt comme un décor, une destination, un équipement de plein air disponible à volonté. Comprendre qu’elle ne nous appartient pas. Que nous y sommes tolérés. Que chaque arbre, chaque mousse, chaque sol compacté sous nos pas appartient à un système vivant dont nous dépendons, mais dont nous ne sommes pas le centre.

Le dérèglement climatique n’est plus une menace abstraite. Il est là, dans la sécheresse des sols, dans les températures qui montent, dans les départs de feu plus rapides, dans les saisons qui ne suivent plus leur cours. Le monde brûle parce que nous avons trop longtemps vécu comme si rien n’avait de limite : ni les ressources, ni nos déplacements, ni notre consommation, ni notre droit à occuper l’espace.

La responsabilité est collective. Elle est politique, industrielle, économique. Mais elle est aussi intime. Elle commence dans nos gestes, dans nos choix, dans notre manière de pratiquer, de voyager, d’acheter, de construire et de raconter le monde.

Changer ne consiste pas à renoncer au vivant. Cela consiste à renoncer à le consommer.

Nous devrons apprendre à entrer moins nombreux, à rester sur les chemins, à accepter la fermeture d’un secteur, à renoncer à grimper lorsque la forêt est fragile. Nous devrons soutenir celles et ceux qui la protègent, financer sa régénération, transmettre une autre culture de la pratique. Une culture où la performance ne vaut jamais plus qu’un arbre, où notre désir de liberté s’arrête là où commence la vulnérabilité d’un milieu.

Nous aimons Fontainebleau.

Mais aimer ne suffit plus.

Aimer, aujourd’hui, c’est protéger. C’est réparer. C’est parfois se retirer. C’est comprendre que la forêt n’a pas besoin de nos déclarations, mais de nos décisions.

Le monde doit changer.

Et ce changement ne viendra pas seulement des autres, plus tard, ailleurs.

Il commence ici.

Dans notre rapport au vivant.

Dans ce que nous sommes prêts à lui rendre.

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Concrètement que faire ?

L’équipe de Climbing District est en train de préparer à plusieurs actions :

  • de soutien, en partenariat avec des associations locales et avec les acteurs administratifs locaux
  • de sensibilisation auprès de nos membres et d’un plus large public

👉 Nous vous tenons au courant dans les prochains jours/semaines en fonction de l’évolution de la situation.

*Les informations présentées dans cet article correspondent à la période de sa publication - juillet 2026.
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